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Marcel Boiteux Awards 2019

Presse Release
November 25, 2019
 

Press RELEASE

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2019 F-AEE Award for the Best Energy Economics book

The French Association for Energy Economics (F-AEE) honours Christian Gollier, Anna Creti and Fulvio Fontini and Thomas-Olivier Léautier for their books on energy economics

The Association of Energy Economists awarded prizes on Monday 25 November 2019 for three books by French authors who have made an outstanding contribution to energy economics:

  • the F-AEE 2019 Marcel Boiteux Prize for Energy Economics is awarded to Christian Gollier for his book "Le climat après la fin du mois", published in 2019 by Presses universitaires de France,
  • the 2019 F-AEE Special Prize for Energy Economics is awarded to Anna Creti and Fulvio Fontini for their book "Electricity Economics: Markets, Competition and Rules", published in 2019 by Cambridge University Press,
  • the 2019 F-AEE Special Prize for Energy Economics is awarded to Thomas-Olivier Léautier for his book "Imperfect markets and imperfect regulation", published in 2019 by MIT Press.

     

 

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Marcel Boiteux, Président d’Honneur d’EDF et économiste de l’énergie, et Président d’Honneur de l’AEE a exprimé sa considération aux lauréats.
Christophe Bonnery, Président de l’AEE, a déclaré : « La communauté française des économistes de l’énergie a produit cette année plusieurs publications qui ont été remarquées par les membres de notre jury.
Je rappelle que l’AEE n’est ni un think-tank, ni un syndicat professionnel. À l’image de sa grande sœur l’IAEE (International Association for Energy Economics) qui fédère les associations nationales de 110 pays et que j’ai l’honneur de servir en qualité de Président depuis 2019, elle rassemble des académiques, des chercheurs, des experts, des doctorants qui proposent des solutions contre le changement climatique et œuvrent pour favoriser l’accès à l’énergie porteuse de croissance économique. Je suis particulièrement vigilant à ce que les prises de position de l’AEE et de l’IAEE soient équilibrées et fondées sur la rationalité économique. Notre mission en tant qu’économistes de l’énergie est de contribuer à la transition énergétique en apportant des avis constructifs, critiques, académiques et indépendants.
Notre association, l’AEE, fait preuve d’une belle vitalité. Elle est depuis 2015 la deuxième du monde en effectif dans le domaine de la science économique appliquée à l’énergie, juste derrière les Etats-Unis, après être passée devant le Royaume-Uni en 2015 et l’Allemagne en 2014. La communauté internationale connaît et reconnaît ce dynamisme de la France, qui est régulièrement citée en exemple au sein du Conseil de l’IAEE. Concernant ce dernier, je tiens à signaler qu’il accueille désormais le Professeur Jean-Michel Glachant qui rejoint les instances dirigeantes de l’IAEE au poste nouvellement créé de Vice-Président Communications. Je suis sûr qu’il y incarnera ce dynamisme qui anime notre association.
Un mot sur l’IAEE et ses activités. Cela a été un honneur pour moi de représenter et de promouvoir le savoir-faire des économistes français à la tête de cette institution internationale qui rassemble une communauté de 4000 économistes de l’énergie. L’IAEE, c’est d’abord l’édition de deux journaux scientifiques dont les facteurs d’impact ne cessent de progresser. Il s’agit, bien entendu, du prestigieux « Energy Journal » qui est considéré depuis sa fondation en 1980 comme la revue scientifique de référence en matière d’économie de l’énergie. L’IAEE c’est aussi « Economics of Energy & Environmental Policy », apparu en 2012, et que le CNRS vient d’inclure cette année dans sa liste des publications de référence en économie. À propos de publications, je tiens à attirer votre attention sur un fait nouveau, important et méconnu : au cours des deux dernières années, les économistes de l’hexagone ont publié pas moins de 21 articles dans l’Energy Journal ! Cette performance collective est remarquable ! Elle montre que l’effort important entrepris ces dernières années par nos membres académiques pour produire une recherche de qualité, pertinente et conforme aux meilleurs standards internationaux porte ses fruits.
L’IAEE, c’est aussi des conférences. En qualité de Président de l’IAEE, j’ai eu l’honneur d’intervenir aux cotés de personnalités locales en Chine, en Azerbaïdjan, Etats-Unis, au Kazakhstan, en Afrique du Sud, en Argentine, en Roumanie, etc... Bientôt, j’aurai avec l’aide de Jean-Michel Glachant le plaisir d’ouvrir la conférence inaugurale de la future représentation de l’IAEE en Inde.

Sur ce point, je suis fier de vous rappeler la tenue prochaine de la conférence internationale de l’IAEE à Paris en 2020. Cet évènement PARIS 2020 constituera une vitrine pour les académiques, économistes, chercheurs, administrations et entreprises françaises. Pendant 4 jours, nous accueillerons près de 700 économistes venus du monde entier.

Je tiens à saluer ici le travail de l’ensemble du comité d’organisation et de son Président, Yannick Perez, Professeur à CentraleSupelec. Je tiens aussi à remercier aussi nos sponsors Premium Total, EDF et Engie, nos sponsors Enedis, Terega, BP, RTE et Kapsarc ainsi que la Ville de Paris qui a généreusement accepté d’accueillir le diner de gala au sein d’un lieu unique : la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville. D’autres parrainages sont toujours bienvenus sur l’adresse paris2020@faee.fr.
Venons-en enfin au Prix Marcel Boiteux 2019. La société civile veut comprendre la rationalité des politiques énergétiques. Cela peut se faire par des conférences mais aussi par la distinction de travaux remarqués. Pour répondre à notre mission de stimulation et de diffusion de la science économique appliquée à l’énergie, l’AEE attribue annuellement plusieurs distinctions, et notamment le Prix Marcel Boiteux du meilleur ouvrage en économie de l’énergie. Un jury composé d’économistes de l’énergie praticiens ou académiques s’est vu confié la lourde tâche d’évaluer tous les ouvrages parus au cours de l’année écoulée qui abordent nos thèmes de prédilection. Je passe sans plus attendre la parole au Président de ce Jury ».
Olivier Massol, Président du Jury 2019, a déclaré : « Ce cru 2019 est exceptionnel car,  cette année, le jury a choisi d’honorer non pas un mais trois ouvrages.
Depuis 2011, le prix AEE Marcel Boiteux 2019 du Meilleur Ouvrage d’Economie de l’Energie met en lumière un ouvrage original rédigé en français. Cette année, ce Prix est décerné au livre « Le climat après la fin du mois » de Christian Gollier. La question climatique est aujourd’hui plus que jamais au cœur de l’actualité. La crise des gilets jaunes, en révélant l’ampleur de notre addiction collective aux fossiles et notre difficulté à opérer un changement profond de nos modes de vie, est venue puissamment questionner l’acceptabilité des politiques climatiques. Cet ouvrage, dont l’écriture a été stimulée par ces évènements, est un livre de combat, celui d’un un expert talentueux et mondialement reconnu, révolté par notre incapacité collective à tenir un débat argumenté et rationnellement fondé sur ces sujets. Son idéal : celui d’un débat serein, guidé par une réflexion scientifique, où l’opinion publique est invitée à rationnellement peser les coûts et avantages des différentes options sans omettre les implications sur les générations futures, celles qui ne votent pas. Chemin faisant, l’auteur dresse un réquisitoire convaincant à  l’encontre des fausses bonnes idées qui polluent la discussion et notamment l’utopie d’une transition écologique heureuse qui se ferait sans coût ni effort, qui créerait des millions d’emplois et en prime améliorerait notre pouvoir d’achat. Le style enlevé de l’ouvrage, l’absence de jargon et l’emploi constant d’illustrations parlantes et tirées de notre quotidien le rendent

accessible à tous. Voilà une lecture de premier choix pour quiconque souhaite réfléchir sur les déterminants et les implications de notre manque d’action en matière environnementale.
Deux autres ouvrages ont également suscité l’enthousiasme du jury et se voient attribués le Prix Spécial de l’AEE. Ces deux livres remarquables, rédigés en anglais par des économistes talentueux basés en France, mériteraient amplement de recevoir le Prix Marcel Boiteux si celui-ci n’était pas réservé aux ouvrages francophones. Il s’agit de « Economics of Electricity. Markets, Competition and Rules » de Anna Creti et Fulvio Fontini et de « Imperfect Markets and Imperfect Regulation: An Introduction to the Microeconomics and Political Economy of Power Markets » de Thomas-Olivier Léautier.
Je souhaite d’abord souligner les points communs entre ces deux ouvrages avant de m’intéresser plus spécifiquement à chacun d’eux. Outre la langue anglaise, tous deux partagent au moins trois points communs. Tout d’abord, tous deux perpétuent et poursuivent l’œuvre de Marcel Boiteux en s’intéressant à l’économie électrique dont ils présentent les avancées récentes. Un mot ensuite sur la forme. Les lauréats partagent un même souci de rigueur et de clarté dans l’exposition : dans les deux cas, l’exposé s’appuie largement sur de petits modèles microéconomiques qui nous permettent de mieux comprendre les fondamentaux de cette industrie complexe. Enfin, last but not least, ces deux livres constituent l’aboutissement d’un projet ambitieux. Dans une cas comme dans l’autre, il a fallu  franchir avec succès le draconien processus de sélection mis en place chez les grands éditeurs académiques internationaux (MIT Press, Cambridge University Press). Cependant, il ne faut pas s’y méprendre : au-delà de ces similitudes, chacun de ces deux ouvrages présente des singularités qui en font un objet unique.
L’ouvrage signé par Anna Creti et Fulvio Fontini est le fruit de nombreuses années d’enseignement auprès d’étudiants, économistes et ingénieurs, qui découvrent l’industrie électrique et sa complexité. Confrontés aux nombreuses questions de jeunes désireux de comprendre les transformations en cours dans l’industrie, les auteurs ont patiemment assemblé les articles les plus pertinents sur le sujet et en donnent une présentation originale qui permet d’en saisir aisément la portée. Tous les grands sujets sont successivement abordés : le cas du monopole verticalement intégré, celui d’une organisation concurrentielle de l’industrie, les choix d’investissement, le design de marché, l’impact des congestions sur le réseau, l’insertion des renouvelables… Il faut louer ici les réelles qualités pédagogiques de ce livre qui ne se limite pas à la seule sélection de textes adéquats. Chacun d’eux est méticuleusement discuté et confronté à des travaux plus récents. Par ailleurs, le lecteur ne peut qu’apprécier le soin extrême apporté à la rédaction, notamment grâce à l’emploi d’une notation unifiée qui permet de comparer aisément les différents modèles. À n’en point douter, ce livre sera plébiscité par de nombreux enseignants et étudiants autour du monde.
Si le livre de Thomas-Olivier Léautier prend la forme d’un traité, on peut presque y voir une autobiographie tant l’exposé est intimement lié au parcours de l’auteur. Celui-ci s’inscrit dans la tradition des ingénieurs économistes et trouve dans l’observation de la réalité industrielle l’inspiration pour des développements théoriques adaptés. Une partie du livre rend d’ailleurs hommage à ses glorieux prédécesseurs (M. Boiteux, pour la tarification des demandes de pointe ; A.-A. Cournot et H. Hotelling pour leurs modèles de concurrence imparfaite ; F. Schweppe et W. Hogan sur le transport et la formation des prix nodaux). L’originalité de l’ouvrage se révèle ensuite lorsque Thomas-Olivier Léautier aborde les sujets qui ont nourri ses travaux : le rôle des contraintes de réseau dans l’apparition de comportements de concurrence imparfaite ; l’impact du déploiement des énergies renouvelables intermittentes sur la génération et la formation des prix ; et enfin l’économie des marchés de capacité. L’un des mérites de ce livre est de nous montrer que les fondamentaux économiques des marchés électriques sont désormais mieux compris. Il faut espérer que de nombreux lecteurs poursuivent cette œuvre en abordant les grands sujets émergents listés en conclusion notamment les choix de politique énergétiques en réponse au changement climatique ou les politiques d’électrification dans les pays en voie de développement. ».
Christophe Bonnery ajoute : « L’impérative nécessité de réduire nos émissions est bien connue des économistes. Notre communauté d’économistes doit s’employer à proposer les transformations acceptables pour décarboner le secteur énergétique. Les quatre éditoriaux que j’ai rédigés dans les publications d’Energy Forum en 2019 le rappellent. Les situations de précarité en France et dans le monde sont souvent à l’origine de réactions violentes des consommateurs face à l’effort demandé de respecter l’environnement, effort toujours générateur de surcout. L’ouvrage de Christian Gollier décrit ce paradoxe de la chercher d’un monde utopique vertueux et gratuit. Il nous appartient à nous économistes de mieux expliquer que le cout environnemental est finalement un instrument fiscal utile s’il est justement réparti.
L’ignorer est une erreur. Rappeler l’impérative nécessité de lutter contre le changement climatique et en même temps capter et faire connaitre les réalités économiques sont les missions auxquelles notre communauté d’économistes doit répondre.»

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