Résultat du Prix Marcel Boiteux 2022
COMMUNIQUE DE PRESSE
Prix 2022 des meilleurs ouvrages d’économie de l’énergie
L’Association des Economistes de l’Energie (AEE) distingue Emmanuelle Auriol, Claude Crampes, Antonio Estache, Sadek Boussena et Catherine Locatelli pour leurs ouvrages sur l’économie de l’énergie
L’Association des Economistes de l’Energie a décerné, mercredi 30 novembre 2022, des prix récompensant deux ouvrages, d’auteurs français pour leur contribution à l’économie de l’énergie :
- le prix Marcel Boiteux d’économie de l’énergie est décerné à Emmanuelle Auriol, Claude Crampes et Antonio Estache pour l’ouvrage « Regulating Public Services : Bridging the Gap between Theory and Practice »
- le prix Spécial AEE 2022 d’économie de l’énergie est décerné à Sadek Boussena et Catherine Locatelli pour l’ouvrage « Les producteurs face à l'obsolescence annoncée du pétrole »,
- Le jury de l'AEE a également décerné un prix de 1000 euros à : Milien Dhorne (EconomiX-Univ. Paris Nanterre, Climate Economics Chair, Ecole des Ponts ParisTech), pour son papier : « Towards Carbon Neutrality and Energy Independence in Europe: Can New Storage and Renewables Push Fossil Fuels Out? » pour le meilleur article de recherche étudiant et un prix de 500 € à Camille Mégy (LGI CentraleSupélec) pour "Market Power in Power-to-gas and Related Markets? Preliminary Insights for the Upcoming Interrelated Power, Gas, and Hydrogen Industries" pour le second meilleur article.
Retrouvez tous les détails sur les Prix : PRIX AEE
Les Prix annuels ont été remis lors du colloque annuel de l’Association des Economistes de l’Energie.
Marcel Boiteux, qui vient de célébrer cette année ses 100 ans, Président d’Honneur d’EDF et de l’AEE, a fait savoir sa considération aux lauréats.
Christophe Bonnery, Président de l’AEE, a déclaré : « La communauté française des économistes de l’énergie a produit cette année plusieurs publications qui ont été remarquées par les membres de notre jury.
Je rappelle que l’AEE n’est ni un think-tank, ni un syndicat professionnel. À l’image de l’institution à laquelle elle est affiliée, l’IAEE (International Association for Energy Economics), qui fédère les associations nationales et les membres de 110 pays et que j’ai eu l’honneur de servir en qualité de Président, elle rassemble des académiques, des chercheurs, des experts, des doctorants qui proposent des solutions contre le changement climatique et œuvrent pour favoriser l’accès à l’énergie porteuse de croissance économique. Je suis particulièrement vigilant à ce que les prises de position de l’AEE et de l’IAEE soient équilibrées et fondées sur la rationalité économique. Notre mission en tant qu’économistes de l’énergie est de contribuer à la transition énergétique en apportant des avis constructifs, critiques, académiques et indépendants.
Notre association, l’AEE, fait preuve d’une belle vitalité. Elle est depuis 2015 la deuxième du monde en effectif dans le domaine de la science économique appliquée à l’énergie, juste derrière les Etats-Unis, après être passée devant le Royaume-Uni en 2015 et l’Allemagne en 2014. La communauté internationale connaît et reconnaît ce dynamisme de la France, qui est régulièrement citée en exemple au sein du Conseil de l’IAEE.
Un mot sur l’IAEE et ses activités. L’IAEE, c’est d’abord l’édition de deux journaux scientifiques dont les facteurs d’impact ne cessent de progresser. Il s’agit, bien entendu, du prestigieux « Energy Journal » qui est considéré depuis sa fondation en 1980 comme la revue scientifique de référence en matière d’économie de l’énergie. L’IAEE c’est aussi « Economics of Energy & Environmental Policy », apparu en 2012.
L’IAEE, ce sont aussi des conférences offertes à ses membres. En moyenne, l’AEE offre une vingtaine de conférences par an. En 2020 et 2021, nous avons tenu ces conférences sous la forme de wébinaires. L’année 2022 s’est caractérisée par la reprise de conférences en mode présentiel. Ces évènements sont voués à faciliter la circulation des idées et contribuent utilement au débat public.
Quant aux prochaines conférences internationales, elles se tiendront en 2023 à Riyad, en 2024 à Istanbul, en 2025 à Paris, en 2026 à la Nouvelle-Orléans, en 2027 à Hong-Kong, en 2028 en Abu-Dhabi.
La conférence internationale Paris 2025 est confiée à Cédric Clastres, qui en qualité de General Conference Chairman. Elle devrait accueillir près de 1000 participants avec des intervenants de premier rang qui se retrouveront au Palais des Congrès. L’équipe est en train de se constituer. Nous accueillerons les candidatures de sponsors dès début janvier 2023.
Venons-en enfin au Prix Marcel Boiteux 2022. La société civile veut comprendre la rationalité des politiques énergétiques. Cela peut se faire par des conférences mais aussi par la distinction de travaux remarquables. Pour répondre à notre mission de stimulation et de diffusion de la science économique appliquée à l’énergie, l’AEE attribue annuellement plusieurs distinctions, et notamment le Prix Marcel Boiteux du meilleur ouvrage en économie de l’énergie. Un jury composé d’économistes de l’énergie praticiens ou académiques s’est vu confié la lourde tâche d’évaluer tous les ouvrages parus au cours de l’année écoulée qui abordent nos thèmes de prédilection. Je passe sans plus attendre la parole aux représentants du Jury ».
Carine Staropoli, professeur à PSE et Yannick Perez, professeur à CentraleSupelec, membres du Jury 2022, ont déclaré : « Cette année, le jury a souhaité mettre en lumière deux œuvres majeures qui éclairent les transformations des industries de l’énergie.
Cette année, le Prix Marcel Boiteux qui récompense le Meilleur Ouvrage en Economie de l’Energie est décerné au livre collectif « Regulating Public Services : Bridging the Gap between Theory and Practice » de Emmanuelle Auriol, Claude Crampes et Antonio Estache.
À l’heure où le débat fait rage sur l’organisation industrielle des secteurs du gaz et de l’électricité en Europe, il nous a paru opportun de mettre à l’honneur un ouvrage de référence sur les questions de régulation économique (en particulier celle appliquée aux monopoles naturels). Au-delà du sujet qui s’inscrit naturellement dans le prolongement de l’œuvre scientifique de Marcel Boiteux, il faut saluer les mérites de ce livre cosigné par trois auteurs académiques dont l’expertise fait autorité sur ces questions.
Fruit d’une longue expérience constituée par des recherches, de l’enseignement et aussi la pratique (via des activités de conseil ou une implication au sein de la Banque Mondiale), cet ouvrage propose un exposé rigoureux et pédagogique des principaux résultats de la théorie économique de la régulation. Les auteurs donnent ainsi aux lecteurs les clés indispensables à une compréhension approfondie des débats relatifs à l'efficacité, à l'équité et à la durabilité financière.
Ce livre n’est pas qu’un simple manuel et il faut saluer l’intention des auteurs qui abordent les questionnements soulevés par la mise en pratique des enseignements théoriques. Ce faisant, ils sensibilisent également le lecteur aux questions relatives à l'acceptabilité politique des systèmes de réglementation et à l’importance des contraintes institutionnelles.
Bref, au-delà de l’ouvrage de référence destiné aux universitaires et étudiants de niveau master, ce livre fascinant doit absolument être lu par toutes les personnes qui s’intéressent à l’organisation des industries dites du « secteur public ». Nous sommes certains qu’il fournira un point de départ incontournable pour penser les réglementations à venir dans les secteurs nouveaux tels que ceux des futures infrastructures de transport d’hydrogène ou de CO2.
L’économie de l’énergie est un champ vaste qui ne se résume pas aux seules industries de réseau. C’est pourquoi, le Prix Spécial de l’AEE est attribué à Sadek Boussena et Catherine Locatelli pour l’ouvrage « Les producteurs face à l'obsolescence annoncée du pétrole ».
L’objectif d’une neutralité carbone en 2050 impose une décarbonation profonde du mix énergétique mondial qui est actuellement composé à plus de 80% d’énergies fossiles. C’est en se penchant sur notre addiction collective aux fossiles et plus particulièrement au pétrole que l’idée de cet ouvrage signé par deux auteurs expérimentés : Sadek Boussena (ancien Ministre de l’Énergie de l’Algérie et représentant du pays à l’OPEP) et Catherine Locatelli (spécialiste des marchés internationaux de l’énergie) est née.
Dans cet essai remarquablement documenté, les auteurs passent en revue les questions pétrolières contemporaines en mettant au cœur de la discussion la question de l'obsolescence annoncée du pétrole.
Le plan est clair. L’ouvrage invite tout d’abord le lecteur à réfléchir sur les trajectoires de demande pétrolière marquées par un pic suivi d’une décroissance de la demande pétrolière. Le livre discute le difficile renoncement à cette forme d’énergie simple d’emploi et relativement peu coûteuse à extraire.
Par la suite, le livre nous invite à réfléchir sur l’offre. Après un exposé sur l’abondance des ressources pétrolières, les auteurs s’intéressent aux grands pays exportateurs de pétrole et au devenir de leurs politiques en matière d’extraction. Cet exposé est aussi l’occasion de discuter les choix industriels et de constater les divergences stratégiques entre les différentes compagnies pétrolières internationales (américaines, européennes, compagnies nationales) dans un contexte de transition énergétique.
Enfin, la dernière partie de l’ouvrage nous offre une étude de cas bienvenue consacrée à la politique pétrolière de l’Algérie ainsi qu’une réflexion sur les challenges auxquels l’OPEP sera confrontée.
Cet ouvrage sérieux est une lecture indispensable car elle apporte un regard nouveau et bienvenu sur le sujet pétrolier.
En conclusion, devant la masse des connaissances rassemblées et mises en perspective dans ces deux ouvrages, un seul mot vient aux lèvres : BRAVO ! ».
Christophe Bonnery ajoute : « L’impérative nécessité de réduire nos émissions est bien connue des économistes. Notre communauté d’économistes doit s’employer à proposer les transformations acceptables pour décarboner le secteur énergétique, stimuler la sobriété et nourrir la croissante. Les situations de précarité en France et dans le monde sont souvent à l’origine de réactions violentes des consommateurs face à l’effort demandé de respecter l’environnement, effort toujours générateur de surcout. Il nous appartient à nous économistes de mieux expliquer que le cout environnemental peut alimenter les fiscalités incitatives si elles sont justement réparties.
L’ignorer est une erreur. Rappeler l’impérative nécessité de lutter contre le changement climatique et en même temps capter et faire connaitre les réalités économiques sont les missions auxquelles notre communauté d’économistes doit répondre.»
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