Résultat du Prix Marcel Boiteux 2021
COMMUNIQUE DE PRESSE
Prix 2021 des meilleurs ouvrages d’économie de l’énergie
L’Association des Economistes de l’Energie (AEE) distingue Jean-Michel Glachant, Florian Fizaine et Xavier Galiègue pour leurs ouvrages sur l’économie de l’énergie
L’Association des Economistes de l’Energie a décerné, mardi 23 novembre 2021, des prix récompensant deux ouvrages, d’auteurs français pour leur contribution à l’économie de l’énergie :
- le prix AEE 2021 Marcel Boiteux d’économie de l’énergie est décerné à Jean-Michel Glachant (Florence School of Regulation, EUI) pour l’ouvrage collectif « Manuel sur les marchés de l'électricité », paru en 2021 aux éditions Edward Elgar, qu’il a codirigé aux côtés de Paul Joskow (MIT) et Michael Pollitt (U. of Cambridge)
- le prix Spécial AEE 2021 d’économie de l’énergie est décerné à Florian Fizaine et Xavier Galiègue pour leur ouvrage « L'économie des ressources minérales et le défi de la soutenabilité : Contexte et enjeux (tome 1), Enjeux et leviers (tome 2) », paru en 2021 aux éditions ISTE, (Handbook on Electricity Markets)
Retrouvez tous les détails sur les Prix : PRIX AEE
Les Prix ont été remis lors du colloque annuel de l’Association des Economistes de l’Energie.
Marcel Boiteux, Président d’Honneur d’EDF et économiste de l’énergie, et Président d’Honneur de l’AEE a fait savoir sa considération aux lauréats.
Christophe Bonnery, Président de l’AEE, a déclaré : « La communauté française des économistes de l’énergie a produit cette année plusieurs publications qui ont été remarquées par les membres de notre jury
Je rappelle que l’AEE n’est ni un think-tank, ni un syndicat professionnel. À l’image de sa grande sœur l’IAEE (International Association for Energy Economics) qui fédère les associations nationales de 110 pays et que j’ai eu l’honneur de servir en qualité de Président, elle rassemble des académiques, des chercheurs, des experts, des doctorants qui proposent des solutions contre le changement climatique et œuvrent pour favoriser l’accès à l’énergie porteuse de croissance économique. Je suis particulièrement vigilant à ce que les prises de position de l’AEE et de l’IAEE soient équilibrées et fondées sur la rationalité économique. Notre mission en tant qu’économistes de l’énergie est de contribuer à la transition énergétique en apportant des avis constructifs, critiques, académiques et indépendants.
Notre association, l’AEE, fait preuve d’une belle vitalité. Elle est depuis 2015 la deuxième du monde en effectif dans le domaine de la science économique appliquée à l’énergie, juste derrière les Etats-Unis, après être passée devant le Royaume-Uni en 2015 et l’Allemagne en 2014. La communauté internationale connaît et reconnaît ce dynamisme de la France, qui est régulièrement citée en exemple au sein du Conseil de l’IAEE.
Avant de décerner le Prix, un mot sur l’IAEE et ses activités. Cela a été un honneur pour notre communauté française d’économistes d’avoir été choisie pour diriger notre institution internationale. Après en avoir assuré la Présidence, j’ai l’honneur de devenir cette année Président de l’Award Committee de l’IAEE. Auparavant, j’avais soumis en février 2020 au Conseil de l’IAEE réuni à Auckland la création du Prix international Marcel Boiteux qui honorera désormais chaque année le meilleur ouvrage mondial d’économie de l’énergie. La création de ce prix international portant le nom d’un grand économiste français est en soi la reconnaissance des travaux français.
Je rappelle que l’IAEE est cette institution internationale qui rassemble une communauté de 4000 économistes de l’énergie. L’IAEE, c’est d’abord l’édition de deux journaux scientifiques dont les facteurs d’impact ne cessent de progresser et notamment le prestigieux « The Energy Journal » qui est considéré depuis sa fondation en 1980 comme la revue scientifique de référence en matière d’économie de l’énergie.
L’IAEE, ce sont aussi des conférences qui facilitent la circulation des idées et contribuent utilement au débat public. Cette année, elles ont été transformées en wébinaires pour cause de crise sanitaire. En qualité de dirigeant de l’IAEE, j’ai eu l’honneur d’intervenir aux cotés de personnalités locales dans de nombreux pays. En 2021, la crise pandémique a interrompu le rythme de nos échanges internationaux. Nous nous efforçons avec la reprise de restaurer notre présence internationale, dont la dernière matérialisation a été l’ouverture de la nouvelle représentation de l’IAEE en Inde.
J’ai le plaisir de vous annoncer que la reconnaissance accordée à la France par mon élection à l’IAEE va être renouvelée dès l’année prochaine avec l’élection de Jean-Michel Glachant comme President-Elect de l’IAEE en 2022 puis President en 2023.
Je suis fier enfin de vous rappeler le bilan de la conférence internationale de l’IAEE 2021 Online organisée par la France en 2021. La conférence IAEE2021 Online a constitué une vitrine pour les académiques, économistes, chercheurs, administrations et entreprises françaises. Cet évènement devrait accueillir pendant 4 jours près de 1000 économistes internationaux, alors que nous en attendions 700. Nous remercions le comité d’organisation et tout particulièrement Yannick Perez, General Conference Chairman.
En 2020 et 2021, Yannick a développé une équipe solide qui a permis de relever le défi que représente l’organisation d’un tel événement.
Les prochaines conférence internationales seront : Tokyo en 2022, Riyad en 2023, Istanbul en 2024 et Paris en 2025, forts de notre succès en 2021.
Venons-en enfin au Prix Marcel Boiteux 2020. La société civile veut comprendre la rationalité des politiques énergétiques. Cela peut se faire par le partage de points de vue lors de nos conférences mais aussi par la distinction de travaux remarqués. Pour répondre à notre mission de stimulation et de diffusion de la science économique appliquée à l’énergie, l’AEE attribue annuellement plusieurs distinctions, et notamment le Prix Marcel Boiteux du meilleur ouvrage en économie de l’énergie. Un jury composé d’économistes de l’énergie praticiens ou académiques s’est vu confié la lourde tâche d’évaluer tous les ouvrages parus au cours de l’année écoulée qui abordent nos thèmes de prédilection. Je passe sans plus attendre la parole au Président de ce Jury ».
Olivier Massol, Président du Jury 2021, a déclaré : « Cette année, deux œuvres monumentales sont venues éclairer les discussions contemporaines sur l’énergie. Elles ont en partage trois caractéristiques communes. D’abord, l’ambition scientifique. Nous avons affaire à des ouvrages de référence, rigoureux et basés sur les recherches les plus récentes. Ensuite, la forme. Dans les deux cas, il s’agit d’œuvres collectives qui proposent une vision cohérente à partir de contributions rédigées par les meilleurs spécialistes issus du monde académique. Enfin, une mission commune : contribuer utilement au débat. Tous deux sont étroitement motivés par la grande question de l’heure : faciliter la mise en œuvre de la transition énergétique. Leur lecture croisée s’avère enrichissante et complémentaire. Elle éclairera utilement le décideur et le citoyen intéressé par ces sujets.
Cette année, le Prix Marcel Boiteux qui récompense le Meilleur Ouvrage en Economie de l’Energie est décerné au livre collectif « Handbook on Electricity Markets » dirigé par Jean-Michel Glachant (Florence School of Regulation, EUI), Paul Joskow (MIT) et Michael Pollitt (U. of Cambridge).
La transition énergétique vers des systèmes bas carbone repose sur une électrification massive de nos économies rendue possible par le déploiement à grande échelle d’un bouquet de technologies nouvelles qui affectent la production, l’exploitation des infrastructures et les usages. Ce déploiement est un véritable défi car il bouleverse l’organisation traditionnelle du secteur électrique et appelle à des solutions nouvelles.
Pour comprendre et guider les choix, les éditeurs ont rassemblé les meilleurs spécialistes internationaux du domaine. Au fil des vingt-deux chapitres qui composent cette œuvre collective l’ouvrage, le lecteur découvre tout d’abord l’organisation contemporaine de cette industrie puis une discussion sur les défis à venir.
Ainsi, la première partie de l’ouvrage donne au lecteur un précis complet sur : les différents arrangements institutionnels mis actuellement en œuvre pour régir l’industrie électrique, les fondamentaux microéconomiques des marchés de gros et de détail ainsi qu’une analyse détaillée des principaux designs de marchés contemporains aux USA, au Royaume-Uni, en Scandinavie, en Europe continentale, en Australie.
Dans la seconde partie, l’ouvrage aborde les questions contemporaines liées à l’insertion des nouvelles technologies et à l’adaptation de l’industrie. Tout y passe : les énergies renouvelables et décentralisées, l'électrification de la mobilité, les usages (chauffage et climatisation), le stockage d'énergie électrique, la réponse de la demande, le rôle des plateformes numériques et les modèles d’affaires associés sans oublier les incidences sur les infrastructures de transport et de distribution. Ces chapitres sont l’occasion d’interroger les avantages et les limites de l’organisation concurrentielle actuelle et de donner au lecteur les clés de compréhension requise pour comprendre les évolutions à venir du cadre règlementaire.
L’économie de l’énergie est un champ vaste qui ne se résume pas aux seules questions électriques. C’est pourquoi, le Prix Spécial de l’AEE est attribué à Florian Fizaine et Xavier Galiègue pour l’ouvrage collectif « L’économie des ressources minérales et le défi de la soutenabilité » (Tome 1 : contexte et enjeux – Tome 2 : enjeux et leviers d’action).
Les ressources minérales façonnent le devenir de nos sociétés et affectent l’évolution de nos systèmes énergétiques. C’est vrai tant au niveau de la demande que de l’offre d’énergie. D’après Smil (2013), une part importante (environ 20%) de de l’énergie primaire mondiale est mobilisée pour l’extraction, la production et la mise à disposition des ressources matérielles pour l’économie. Par ailleurs, au niveau de l’offre, les technologies bas-carbone sont aussi consommatrices de matières et de métaux.
Face à ces réalités, comment ne pas s’interroger sur la disponibilité de ces matières et métaux, sur les raretés et les moyens de les atténuer, sur l’économie des filières de recyclage et sur les conditions de mise en place d’une économie circulaire ? C’est à ces questions complexes que les deux tomes de cet ouvrage, le tout premier en français sur ce sujet, se proposent de répondre. L’approche retenue est résolument interdisciplinaire et croise des expertises issues de différents domaines : sciences économiques, physique, ingénierie, géologie, droit et géographie.
Le plan est clair. L’ouvrage invite tout d’abord le lecteur à mieux comprendre le contexte via un panorama détaillé qui aborde successivement : la demande et ses évolutions, la financiarisation des marchés des minerais et métaux, les dotations géologiques et les enjeux géopolitiques associés.
Par la suite, le livre nous invite à réfléchir sur les enjeux contemporains via une analyse des facteurs multiples qui affectent l’offre de ressources minérales. Cette partie est l’occasion de réfléchir : sur les interactions entre le progrès technique et l’épuisement géologique des gisements de métaux, sur l’empreinte environnementale des ressources minérales, sur la criticité de ces matières premières dans un contexte de transition énergétique, sur l’incidence que peut avoir l’extraction sur les performances économiques des pays producteurs et aussi sur les carences des régimes juridiques qui régissent l’extraction.
Enfin, la dernière partie s’intéresse aux solutions et expose les principaux leviers d’action. L’exposé aborde tour à tour : l’extraction minière domestique, la substitution, le découplage, le recyclage et la sobriété associée au low-tech.
En conclusion, devant la masse des connaissances rassemblées et mises en perspective dans ces deux ouvrages, un seul mot vient aux lèvres : BRAVO ! ».
Christophe Bonnery ajoute : « Depuis 2011, le prix AEE Marcel Boiteux récompense des auteurs d’ouvrages exceptionnels qui contribuent au rayonnement français en matière de sciences économiques appliquées à l’énergie.
Cette année 2021 est exceptionnelle a bien des égards. Rares sont ceux qui avaient anticipé le choc du Covid-19, son ampleur, sa durée et ses funestes répercussions. Au-delà des stricts aspects sanitaires, cette pandémie aura dévoilé nos fragilités, mis notre monde à l’arrêt par intermittence et, ce faisant, occasionné une réduction historique et massive des émissions de gaz à effet de serre, vite annulé par la reprise économique mondiale. Voilà de quoi puissamment questionner l’avenir de nos sociétés. À l’heure où se déclinent les plans de relance et où l’importance relative des priorités environnementales et économiques déchaine les passions, il nous appartient à nous, économistes, de mieux expliquer que le cout environnemental aboutit finalement un instrument fiscal efficient s’il est justement réparti. »
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